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Droit commercial
7 min de lecture20 août 2026

Créer une entreprise en Algérie : EURL, SARL, SPA et démarches

Me Imene Mofredj
Par Me Imene MofredjAvocate agréée auprès de la Cour suprême et du Conseil d'ÉtatBarreau d'AlgerVoir le profil

Créer une entreprise en Algérie suppose de choisir la bonne forme juridique (EURL, SARL, SPA) et de suivre des étapes précises. Le guide complet pour les entrepreneurs algériens, d'Algérie ou de l'étranger, et les investisseurs.

Pourquoi créer une entreprise en Algérie ?

Vous envisagez de lancer votre activité, d'investir ou d'implanter votre entreprise en Algérie ? Le marché algérien offre de réelles opportunités, mais une implantation réussie commence par une stratégie juridique solide.

Avec un marché de plus de 46 millions d'habitants, des besoins importants dans de nombreux secteurs et une position stratégique entre l'Europe, l'Afrique et le bassin méditerranéen, l'Algérie constitue un marché attractif pour les entrepreneurs, les investisseurs et les groupes internationaux.

L'Algérie offre de nombreuses perspectives de développement dans des secteurs tels que l'industrie, les services, le commerce, le tourisme, les technologies, la logistique, les énergies, l'agroalimentaire, les infrastructures et le numérique. Sa situation géographique permet aussi de développer les échanges avec les marchés européens et africains. Pour un investisseur étranger, l'Algérie peut ainsi constituer non seulement un marché de destination, mais également une base stratégique pour la région.

Créer une entreprise en Algérie ne consiste pourtant pas simplement à obtenir un registre de commerce. Chaque projet doit être structuré juridiquement en fonction de l'activité envisagée, de la nature de l'investissement et des objectifs de l'entrepreneur.

Quelle forme juridique choisir ?

Avant toute création, il est essentiel de déterminer la structure juridique la plus adaptée au projet. Selon la nature et l'importance de l'activité, plusieurs formes peuvent être envisagées :

  • L'auto-entrepreneur (statut ANAE), pour exercer seul une activité de services, sans créer de société ni registre du commerce ;
  • L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), pour l'entrepreneur qui souhaite créer une société avec un seul associé ;
  • La SARL (société à responsabilité limitée), pour un projet réalisé avec plusieurs associés (de 2 à 50) ;
  • La SPA (société par actions), adaptée aux projets nécessitant une structure plus importante et un financement conséquent ;
  • D'autres formes peuvent également être étudiées selon la nature du projet et la réglementation applicable.

Le choix de la forme sociale ne doit jamais être automatique. Il doit tenir compte du nombre d'associés, du montant des investissements, de la gouvernance souhaitée, de la responsabilité des associés, des perspectives de développement et des éventuelles contraintes réglementaires.

Le statut d'auto-entrepreneur (ANAE)

Créé par la loi n° 22-23 du 18 décembre 2022, le statut d'auto-entrepreneur permet d'exercer seul une activité de services, sans créer de société. L'inscription se fait en ligne sur le portail de l'ANAE (Agence nationale de l'auto-entrepreneur).

Ses principales caractéristiques :

  • Pas de registre du commerce ni de capital social exigés.
  • Plafond de chiffre d'affaires : 5 000 000 DZD par an. Le statut n'est perdu que si ce plafond est dépassé pendant trois exercices consécutifs ; il faut alors changer de régime et s'inscrire au registre du commerce (EURL ou SARL).
  • Imposition : impôt forfaitaire unique (IFU) au taux de 0,5 % du chiffre d'affaires, avec un minimum de 10 000 DZD par an.
  • Affiliation obligatoire à la CASNOS (sécurité sociale des non-salariés).
  • Activité exercée individuellement, sans salariés.

Attention : certaines activités sont exclues de ce statut, notamment les professions libérales réglementées (avocats, notaires, médecins, experts-comptables, architectes), l'industrie et le commerce de revente en l'état. Ce statut convient surtout aux freelances, consultants et prestataires de services.

L'EURL et la SARL

Pour un projet de plus grande ampleur, ou nécessitant des associés, l'EURL et la SARL sont les formes les plus courantes. Leur régime est très proche : la différence principale tient au nombre d'associés (un seul pour l'EURL, de 2 à 50 pour la SARL).

Le capital social. Depuis la loi 15-20 de 2015, il n'existe plus de capital minimum légal imposé pour une EURL ou une SARL. En pratique, un capital de 100 000 DZD reste la référence couramment demandée par les banques et le registre du commerce.

Les principales étapes de constitution passent par le Centre national du registre du commerce (CNRC) :

  • 1Réservation de la dénomination sur la plateforme du CNRC — prévoyez plusieurs noms alternatifs.
  • 2Rédaction et authentification des statuts chez un notaire.
  • 3Dépôt du capital sur un compte bancaire bloqué, avec délivrance d'une attestation.
  • 4Publication au Bulletin officiel des annonces légales (BOAL).
  • 5Immatriculation au CNRC et délivrance de l'extrait du registre du commerce.
  • 6Obtention du numéro d'identification fiscale (NIF) auprès de la Direction des impôts.
  • 7Obtention du numéro d'identification statistique (NIS).

Comptez généralement plusieurs semaines pour l'ensemble des démarches, selon la préparation du dossier et la réactivité des administrations. Sur le plan fiscal, la société relève notamment de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS). À noter : la taxe sur l'activité professionnelle (TAP) a été définitivement supprimée par la loi de finances 2024.

Et pour les investisseurs étrangers ?

L'implantation d'une entreprise étrangère en Algérie nécessite une analyse juridique spécifique. Il convient notamment d'examiner :

  • Le régime juridique de l'investissement : la réglementation algérienne relative à l'investissement doit être prise en compte dès la conception du projet afin de déterminer les droits, obligations et éventuels avantages applicables.
  • La structure de l'investissement : selon les objectifs, plusieurs schémas sont possibles — société de droit algérien, filiale, partenariat, prise de participation ou autre montage approprié.
  • Les règles relatives aux capitaux étrangers et aux changes : les modalités de financement, les mouvements de capitaux et les opérations financières internationales doivent être étudiés avec attention.
  • Les autorisations et agréments : certaines activités sont soumises à des conditions particulières ou à des agréments spécifiques. Une vérification préalable évite qu'une société soit créée pour une activité qu'elle ne peut finalement pas exercer.

Créer une entreprise : les principales étapes

Au-delà de la forme choisie, la constitution d'une société suit une logique commune :

  • 1Étude préalable du projet : définition de l'activité, identification des contraintes réglementaires et analyse du modèle d'implantation.
  • 2Choix de la forme juridique : détermination de la structure la plus adaptée au projet et aux objectifs des associés ou investisseurs.
  • 3Préparation des documents constitutifs : rédaction des statuts, détermination du capital, répartition des parts ou actions et organisation de la gouvernance.
  • 4Domiciliation et siège social : détermination du siège conformément aux exigences légales.
  • 5Formalités de constitution : réalisation des démarches nécessaires à l'immatriculation et à la création effective de la société.
  • 6Mise en conformité fiscale et sociale : accomplissement des obligations auprès des administrations concernées.
  • 7Autorisations spécifiques : lorsque l'activité est réglementée, obtention des licences ou agréments nécessaires selon le régime applicable.

Pourquoi se faire accompagner par un avocat ?

Une erreur au moment de la création peut avoir des conséquences importantes : mauvaise structure juridique, objet social inadapté, difficultés entre associés, impossibilité d'exercer certaines activités, problèmes de financement ou complications lors du développement de la société.

L'accompagnement juridique permet au contraire de sécuriser le projet dès son origine, d'anticiper les difficultés et de construire une structure adaptée aux ambitions de l'entreprise. Un avocat spécialisé en droit des sociétés peut intervenir sur l'étude juridique du projet, le choix de la structure, la rédaction et la sécurisation des statuts, la structuration des partenariats et joint-ventures, l'accompagnement des investisseurs étrangers et la sécurisation des relations entre associés.

Faut-il un avocat pour créer son entreprise en Algérie ?

La création d'une société touche au droit commercial et au droit des sociétés, un domaine où chaque choix a des conséquences durables : une forme mal adaptée, un objet social trop étroit ou des statuts imprécis peuvent bloquer le développement de l'entreprise ou créer des conflits entre associés. Que vous soyez entrepreneur en Algérie ou investisseur depuis l'étranger, un avocat spécialisé peut analyser votre projet, choisir la structure adaptée, rédiger vos statuts et sécuriser vos démarches, y compris à distance. Face à la complexité de ces démarches et aux enjeux du choix de la structure, cet accompagnement reste le meilleur moyen de partir sur des fondations solides, adaptées au marché algérien.

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